Quelques mots sur la maltraitance infantile...
Quelques mots sur la maltraitance infantile...

Nous sommes confronté à la maltraitance infantile bien plus que nous le pensons... Mais qu'est-ce que la maltraitance infantile ? Comment la déceler ? Quels en sont les signes annonciateurs ? Comment réagir et surtout, quels services contacter ? Tant de questions que nous pouvons nous poser et auxquelles nous allons essayer de trouver une réponse...

1. A partir de quel moment pouvons nous parler de MALTRAITANCE ? (définition)

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, de négligence ou de traitement négligent, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. Parfois, on considère aussi comme une forme de maltraitance le fait d’exposer l’enfant au spectacle de violences entre partenaires intimes.

2. Comment déceler les signes annonciateurs de MALTRAITANCE ou de NÉGLIGENCE ?
a) Les signes de négligence :

Considérez la probabilité de négligence lorsque l’enfant:

  • est fréquemment absent de l’école

  • quémande ou vole de la nourriture ou de l’argent

  • manque de soins médicaux ou dentaires requis, de vaccins ou de lunettes

  • est constamment sale ou a une mauvaise odeur corporelle

  • manque de vêtements appropriés en fonction du climat

  • a une consommation abusive d’alcool ou d’autres drogues

  • affirme qu’il n’y a personne à la maison pour s’occuper de lui

Considérez la probabilité de négligence lorsque le parent ou un autre adulte en charge de l’enfant:

  • semble indifférent à l’enfant

  • semble apathique ou déprimé

  • se comporte de manière irrationnelle ou d’une façon bizarre

  • a une consommation abusive d’alcool ou d’autres drogues

b) Les signes de maltraitance :
  • présente des brûlures inexpliquées, des morsures, des hématomes, des fractures osseuses ou un œil au beurre noir
  • présente des lésions qui remontent dans le temps ou d’autres marques de blessures visibles après une absence de l’école

  • paraît effrayé par ses parents et proteste ou pleure lorsqu’il est temps de rentrer à la maison

  • se replie sur lui-même lorsque des adultes l’approchent

  • signale des mauvais traitements infligés par un parent ou un autre adulte qui a sa charge

Considérez la probabilité de maltraitance physique lorsque le parent ou un autre adulte en charge de l’enfant:

  • donne des explications contradictoires, non convaincantes ou pas d’explication pour les lésions de l’enfant

  • décrit l’enfant comme un « monstre » ou dans d’autres termes très négatifs

  • utilise une dure discipline physique avec l’enfant

  • a un passé de maltraitance infantile

c) Les signes d'abus sexuels :

Considérez la probabilité d’abus sexuel lorsque l’enfant:

  • éprouve des difficultés à marcher ou à s’asseoir

  • refuse subitement de se changer pour le cours de gymnastique ou pour participer à des activités physiques

  • signale des cauchemars ou a des sueurs nocturnes

  • manifeste un changement soudain dans son appétit

  • fait preuve d’une connaissance ou d’un comportement sexuel bizarre, assez précis ou inhabituel

  • tombe enceinte ou contracte une maladie vénérienne, particulièrement en dessous de l’âge de 14 ans

  • fait une fugue

  • signale un abus sexuel commis par un parent un autre adulte responsable

Considérez la probabilité d’abus sexuel lorsque le parent ou un autre adulte en charge de l’enfant:

  • se montre surprotecteur vis-à-vis de l’enfant ou limite sévèrement les contacts de l’enfant avec d’autres enfants, particulièrement du sexe opposé

  • est secret et isolé

  • est jaloux ou exerce un contrôle sur les membres de la famille

​ d) Les signes de maltraitance psychique :

Considérez la probabilité de maltraitance psychique lorsque l’enfant:

  • manifeste des comportements extrêmes, comme une docilité exagérée ou un comportement revendicatif, une passivité extrême ou un comportement agressif

  • se montre adulte de façon déplacée (jouant à l’adulte avec d’autres enfants, par exemple) ou trop infantile (secouant ou se frappant fréquemment la tête, par exemple)

  • a un retard dans son développement physique ou psychique

  • a fait des tentatives de suicide

  • signale un manque d’attachement à ses parents

Considérez la probabilité de maltraitance psychique lorsque le parent ou un autre adulte en charge de l’enfant:

  • blâme, amoindrit ou réprimande constamment l’enfant

  • n’est pas concerné par l’enfant et refuse de lui offrir de l’aide pour résoudre ses problèmes

  • rejette ouvertement l’enfant

3. Que faire en cas de maltraitance ? Qui contacter ? Comment réagir ?
  • En vertu du principe d’assistance à personne en danger, et comme l’article 3 du décret le précise, toute personne qui a connaissance d’une situation de danger doit y mettre fin:

Nous sommes bien dans l’obligation de faire quelque chose, activement et positivement, mais pas dans une obligation de résultat. L’intervenant doit mettre en place une action qui vise à faire cesser la maltraitance. Mais, du moins en ce qui concerne les situations de violence et de maltraitance intrafamiliale, l’intervenant concerné peut choisir soit d’agir personnellement, soit de faire appel à un service plus compétent.

Le législateur précise bien que c’est au professionnel lui-même d’estimer si pour remplir son obligation de porter assistance à personne en danger, il doit faire appel à une instance plus compétente.

Les institutions ou services auxquels l’intervenant choisit de signaler l'acte de maltraitance est laissé à son libre choix et ne sont pas énoncés de manière exhaustives. Cela peut être une équipe SOS Enfants, le conseiller de l’aide à la jeunesse, etc…. De même, si cela s'avère plus opportun, l’information peut se faire auprès des autorités judiciaires. Le choix de l'institution ou du service le plus approprié doit être réfléchi. Il doit répondre le plus adéquatement à la situation de maltraitance rencontrée.

  • Le rôle du signaleur est très important.

    C'est une personne, un proche ou un professionnel, qui est inquiet pour un enfant.
    Il interpelle alors nos services et sert de lien entre la famille et l'équipe.
    Dans un premier temps, on lui assure une écoute et on envisage avec lui sa mobilisation auprès de la famille et la manière dont il va nous introduire auprès d'elle. Nous rencontrons ensuite l'enfant et ses proches, entre autres à domicile, pour analyser la situation. Les mesures d'aide sont alors mises en place.
    Il peut s'agir d'aides sociales, de thérapies individuelles ou familiales, d'un suivi médical… La famille est toujours mise au courant de nos conclusions.

    Source :interview de Marc Minet, Psychologue, coordinateur de l'équipe SOS-Parenfants de Namur. (Interview : Danièle WERION - Familles – avril 2003)

Sources :
  • http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs150/fr/
  • http://www.abusewatch.net/child_recognizing_fran.php
  • http://www.one.be/professionnels/sos-enfants/questions-reponses/
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